Je fais mon cinéma !

Publié par le 19 Fév 2017 dans Livres parus | 0 commentaires

cinemaMes lecteurs me disent souvent que, lorsqu’ils lisent mes romans, notamment les tomes de Dia Linn, ils ont la sensation « d’y être » : en plein dans le paysage que je décris, en train de voir, respirer, ressentir… ce que mon personnage voit, respire, ressent… Un sacré compliment, non ?

En fait, l’explication est très simple : je fais du cinéma. Ou mon cinéma. Enfin, je me comprends. ☺

Quand j’étais petite, ma mère m’emmenait tous les Noël voir le dernier Walt Disney. C’était un rituel dont j’ai gardé une empreinte profonde, celle de la magie. Les Blanche-Neige, Cendrillon, Bambi, Bernard et Bianca… J’en revenais éblouie, bouleversée, et imprégnée pour toujours de l’envie d’être à nouveau plongée visuellement, émotionnellement, dans un autre univers. Ce rituel, je l’ai fait perdurer en emmenant à mon tour mes petits frères découvrir le cinéma dès leur plus jeune âge. Je suis assez fière d’en avoir fait des passionnés du grand écran.

Aujourd’hui, je n’ai plus vraiment le temps d’aller voir des films. Mais ce n’est pas grave : l’écran est dans ma tête. Et je fais mon cinéma… avec des mots.
C’est mon plus grand plaisir, que ce soit en tant qu’auteur ou en tant que lectrice : quand j’écris, les images se déploient dans ma tête et elles y respirent, elles s’y étendent avec un luxe incroyable de détails. Je n’ai plus qu’à les mettre sur le papier, et c’est tout.
Quand je lis, c’est exactement comme lorsque je m’installe dans un fauteuil, dans une grande salle obscure remplie de gens qui chuchotent, mâchouillent, éternuent : l’écran s’allume et il n’y a plus rien autour de moi que l’histoire… J’ouvre grand les yeux et je me plonge, littéralement parlant, dans l’univers d’un autre.

Vous avez remarqué comme certains auteurs ont un talent particulier pour vous faire leur cinéma ? Il y a des écrivains, comme James Lee Burke, qui savent mieux que personne faire parler des images, leur donner substance et matière. On sent le vent sur sa peau, la brûlure du soleil, le goût du sel. Chez les EHJ, je vous parlerai bientôt de la dernière trilogie de MIA, Les Affligés, et de leur duo d’auteurs qui n’ont pas leur pareil pour vous faire « voir » une scène ; il y a aussi Stéphanie Aten (La 3ème Guerre, Les Enfants de Pangée)… et c’est normal : tous deux sont formés à l’école de cinéma, rien de plus naturel à ce qu’ils en appliquent les codes !coudl8

J’ai eu la chance d’avoir été baignée dans l’univers des livres et des films dès mon plus jeune âge. Quand j’ai écrit les chapitres du dernier tome de Dia Linn, Sinn Féin, ce n’est pas tant un récit que je faisais, qu’une scène de film : quand Cyan se perd dans la cité perdue de Tanara, j’entendais respirer les ombres et je voyais frémir les feuilles et les lianes…
Après tout, n’est-ce pas ce que fait chaque auteur, à chacun des mots qu’il aligne sur le papier ? Il raconte une histoire, et il fait… son cinéma.


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