La relecture : l’ingratitude des mots

Publié par le 24 Nov 2013 dans Articles divers | 2 commentaires

image couv Dia Linn 1Bon, d’accord, j’aime les mots – difficile de dire le contraire pour un auteur ! 😉 Mais il faut avouer qu’ils nous jouent parfois de drôles de tours…

La relecture, c’est : quand vous relisez le chapitre que vous avez écrit la veille ; histoire de peaufiner un peu et de corriger les coquilles. Et là, boum ! Ce que vous pensiez être une partie brillante, ou en tout cas réussie, se retrouve rabaissée au rang de platitude morne. Quoi ? C’est bien vous qui avez pondu ces lignes sans âme ?

C’est le premier choc (heureusement, ce n’est pas toujours le cas !) et vous n’avez plus qu’à vous y remettre vaillamment.

La seconde relecture, c’est quand votre bouquin est enfin terminé et que vous voulez le reprendre avant de l’envoyer à votre – ou à vos – correcteur(s) extérieur(s). C’est là que les mots sont pervers : elles sont sous votre nez, les coquilles, les fautes de frappe, les redondances, les répétitions… mais vous êtes devenus soudainement aveugles, et vous les laissez joyeusement passer sans même hausser un sourcil. Parce que tout est là : à force de relire, on ne voit plus les détails. Les mots, les phrases, tout le texte est dans votre tête et vos yeux se fichent royalement de ce qu’ils lisent. Votre tête, elle, elle sait. Malheureusement, elle est la seule…

D’où la cruelle désillusion, quand vous recevez votre manuscrit corrigé par des yeux extérieurs : Oui, oui, c’est bien vous qui avez commis ces fautes outrageantes et ces erreurs de débutants ! Il ne vous reste plus qu’à reprendre les corrections, une à une… et à recommencer. Car c’est, je l’ai découvert à mes dépens, absolument indispensable : se faire corriger par les autres n’est pas une option ! Et si possible, par le plus de personnes possibles, par des gens qui n’auront pas peur de pointer vos erreurs, de vous dire que « là, ils n’ont rien compris », ou que les cheveux blonds de votre héros sont devenus noirs au quatorzième chapitre sans passer par la case coiffeur !

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », disait si joliment Boileau. Sans me comparer, même de trèèès loin, au célèbre poète, je crois que le cliché de l’écrivain illuminé par une crise créatrice a pris du plomb dans l’aile. C’est le fondement même du travail d’auteur : écrire, certes ! Et puis ensuite corriger, se faire relire, corriger, se faire relire…

Qui a dit que le métier d’écrivain était glamour ? 😉

Commentaires

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2 Commentaires

  1. Tellement vrai! c’est l’étape que je trouve la plus difficile dans le procédé d’écriture. Avant, on est face à nous même. Mais une fois qu’on l’envoie à quelqu’un pour être relu, on est confronté pour la première fois à un avis extérieur et parfois, ça fait mal XD

    • Marie-Pierre Bardou

      Oui, ça nous apprend l’humilité! 😉 Mais ce n’est pas plus mal: nous ne sommes que des artisans, après tout, qui n’en finissent jamais de perfectionner leur métier! -)

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