The Birdman: l’homme qui préférait encore les hommes aux oiseaux

Publié par le 16 Déc 2013 dans Livres parus | 0 commentaires

Dia Linn - v2Il y a des personnages qui mériteraient bien mieux que les éloges dont on les gratifie lors de leurs obsèques. Des hommes et des femmes parfois hauts en couleur, ou d’un courage extraordinaire, sur lesquels se sont bâtis des légendes…

J’en ai croisé souvent lors de mes recherches sur l’histoire de la Louisiane et du Sud des États-Unis: le Sud mythique, celui d’avant la guerre de Sécession, le Sud de l’esclavage et des bayous, le Sud du Roi Coton et des bateaux à vapeur. J’ai ainsi découvert d’étonnantes personnalités, comme celle de la grande prêtresse du vaudou, Marie Laveau, ou de Mike Fink, le roi des bateliers, de Bras Coupé, l’esclave rebelle que l’on évoquait pour faire peur aux enfants s’ils se montraient désobéissants…

« The Birdman » est l’un de ces personnages. En découvrant son histoire, je n’ai pas su résister au plaisir de le faire apparaître dans l’un des chapitres du Tome 2 de Dia Linn. 🙂

Voilà comment il se présente lui-même à mon héroïne : « Alexander Milton Ross, pour vous servir. Ornithologue, botaniste, membre de la Faculté Royale de Médecine du Haut Canada ; ou encore Amross, comme l’on me désigne en tant que découvreur d’une plante rare. Ou enfin, The Birdman, ainsi que mes camarades de « l’Underground Railroad » me surnomment gentiment. »

Ce médecin devint célèbre par le rôle qu’il joua en tant que « chef de train » du réseau clandestin abolitionniste, soit l’Underground Railroad », le réseau chargé de faire évader les esclaves des plantations des États esclavagistes vers les États libres ou le Canada. Sa tactique l’a rendu célèbre : il se faisait inviter dans les plantations sous le prétexte d’observer les oiseaux, les familles de planteurs étant ravies d’accueillir ce digne scientifique ! Mais il ne se contentait pas d’assouvir sa passion : il est aussi le père du « code Ross », soit les mots secrets cachés dans les conversations les plus anodines pour organiser la fuite des esclaves. Chaque mot était un code, un lieu de rendez-vous, un avertissement, un point de ralliement… les objets rituels qu’il donnait aux esclaves qu’il sauvait – une boussole, un couteau, des vivres–, son organisation minutieuse des « enlèvements »… le rendirent célèbre. Loué par Abraham Lincoln « The Birdman » fut très actif de 1856 jusque bien après la guerre de Sécession.

Birdman

Le petit homme bedonnant et jovial, à l’innocente passion pour les volatiles et les végétaux, était en fait un héros.
Je rends ainsi, modestement, un bref hommage à  celui qui « préférait encore les hommes aux oiseaux ».

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