Dia Linn tome 5 : deux hymnes pour des braises

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Article de Marie-Pierre Bardou

Je suis l’auteur de 17 romans (dont une saga historique de huit tomes) et deux guides pratiques relatifs à l'écriture, publiés depuis 2012 aux Éditions Hélène Jacob. Parallèlement, je suis rédactrice, correctrice et écrivain public depuis 2011, ainsi que formatrice et coach en écriture depuis 2021.

Catégorie "Histoire"

04 Oct 2015

couv_numDL5Dans le tome 5 de Dia Linn, le Livre de Ryann, deux mondes se croisent en parallèle : celui du Chicago de la Prohibition, dans lequel évolue le héros, Ryann ; et celui de la guerre d’indépendance irlandaise où s’illustre Teagan, son jeune cousin.

Teagan est un soldat de la toute jeune I.R.A, sous les ordres de Michael Collins et, plus près de lui, de son commandant de brigade, Seán Treacy (un personnage passionnant, auquel je compte bien consacrer un autre article !).

En référence, ou en hommage à tous ces hommes qui se sont battus pour la liberté de leur pays, j’ouvre le Livre de Ryann sur l’hymne national de la République d’Irlande. Dont l’histoire est symptomatique d’une mémoire qui refuse de mourir…

Amhrán na bhFiann est une chanson écrite et composée par Peadar Kearney et Patrick Heeney en 1907. Depuis 1926, ce chant remplace officiellement le God Save Ireland alors en vigueur, célébrant l’indépendance si chèrement acquise de l’Irlande du Sud…

Ce qui est intéressant, c’est que cette chanson n’est jamais chantée en anglais. Elle n’existe d’ailleurs pas dans la langue de « l’envahisseur », mais uniquement dans sa forme d’origine, le gaélique…

Malgré les années, les mémoires sont toujours vives : pendant les matchs internationaux de rugby, de nos jours, c’est un autre hymne qui a été adopté afin d’apaiser les tensions avec l’Irlande du Nord, soit l’Ireland’s Call, chanté uniquement en anglais. Lorsque les matchs ont lieu à Dublin ou dans n’importe quelle ville du Sud du pays, les deux hymnes sont, scrupuleusement, entonnés l’un après l’autre…croixceltique

Car si l’IRA a déposé les armes, si les bombes se sont tues, en Irlande rien ne s’oublie ni ne se pardonne. L’indépendance négociée par Collins, et qui a provoqué une guerre civile et la scission (ou, du moins, la première !) de l’IRA, n’a jamais été réellement acceptée par tous. L’Irlande du Nord est toujours sous domination anglaise, et les siècles d’asservissement ont laissé des traces indélébiles.

Les nouvelles générations d’Irlandais semblent s’être libérées de ces clivages. Du moins, c’est ce qu’elles affirment.

Mais cette libération paraît bien fragile lors du traditionnel défilé des Orangistes, qui voit tous les ans des affrontements musclés ; ou lors des matches de rugby, lorsqu’il est nécessaire de chanter deux hymnes bien distincts pour ne pas attiser les braises d’un feu qui, quoi qu’on en dise, brûle sans discontinuer depuis cinq siècles…

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2 Commentaires

  1. agnesb62

    la fin de la guerre civile en Irlande a été une véritable joie pour tous les partisans de la paix… Hélas, verrai-je avant ma mort une issue similaire en Palestine…??? Merci de nous en apprendre davantage sur ceux qui ont lutté pour leur liberté 🙂

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  2. Marie-Pierre Bardou

    Pour la Palestine, j’ai peur moi aussi de ne jamais voir ce jour… Merci Agnès pour ton commentaire !!! 🙂

    Réponse

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