Chimère : ceux qui ne reviennent pas

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Article de Marie-Pierre Bardou

Je suis l’auteur de 17 romans (dont une saga historique de huit tomes) et deux guides pratiques relatifs à l'écriture, publiés depuis 2012 aux Éditions Hélène Jacob. Parallèlement, je suis rédactrice, correctrice et écrivain public depuis 2011, ainsi que formatrice et coach en écriture depuis 2021.

Catégorie "Livres parus"

15 Juil 2018

Lorsque j’ai commencé à écrire Chimère, j’avais une idée très précise : un drame, une victime, une vengeance.

C’était, somme toute, une trame plutôt classique. Mais je voulais, bien entendu, y mettre ma « patte ». C’est pourquoi j’ai cherché un personnage central différent de ceux que l’on croise d’habitude dans les romans de ce genre. Je ne voulais pas une victime « lambda »!

J’ai donc créé un personnage extrêmement complexe, dont les spécificités génétiques expliqueront à la fois le titre du roman, et ce que ce personnage est devenu.

L’une des caractéristiques de Chimère (je parle du personnage) est de voler l’identité des autres. Mais il n’est pas un arnaqueur dans le sens classique du terme : en aucun cas, il ne veut usurper les identités de personnes qui pourraient souffrir de cette mainmise.

Ainsi, Chimère ne dérobe jamais qie l’identité des personnes qui ne reviennent jamais. Celle des morts, bien entendu; mais également celle de tous ceux qui ont disparu sans jamais laisser de traces derrière eux.

Et j’ai découvert un monde à la fois effrayant, et horriblement excitant – en tout cas, pour un auteur ! Le nombre de personnes disparues, ne serait-ce qu’en France, est effarant. Même après des années d’enquêtes (quand il y a enquête, ce qui est rare pour une personne majeure), la police et les proches sont incapables de savoir si le ou la disparu(e) sont parti(e)s volontairement… S’il s’agit donc de fugues, ou si elles ont croisé la route d’un tueur.

Disparition

Mais, le plus souvent, il s’agit tout simplement de disparitions volontaires. Des personnes qui, accablées par leur existence, décident soudainement de changer complètement d’identité. Ces gens prennent donc la route la plus difficile – ou la plus lâche, selon les points de vue : ils s’évaporent, tout simplement. Ils disparaissent des radars de notre existence; devenant des fantômes, des souvenirs… Tandis que, de leur côté, ils se réinventent.

Je me demande souvent si ces disparus volontaires rêvent parfois aux personnes qu’ils ont laissées derrière, à leurs interrogations, à leurs regrets, à toutes leurs questions qui ne trouveront jamais de réponse.

Dans mon roman, en volant leur identité, mon héros leur redonne une existence. Mais ce n’est ni la sienne, ni la leur. Simplement… une chimère.

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