Les druides, garants de l’unité celtique

Druide

Article de Marie-Pierre Bardou

Je suis l’auteur de 17 romans (dont une saga historique de huit tomes) et deux guides pratiques relatifs à l'écriture, publiés depuis 2012 aux Éditions Hélène Jacob. Parallèlement, je suis rédactrice, correctrice et écrivain public depuis 2011, ainsi que formatrice et coach en écriture depuis 2021.

Catégorie "Histoire"

14 Déc 2014

Dans l’imaginaire collectif, le druide est ce personnage barbu et chevelu, avec sa serpe d’or et sa longue toge grise, qui tourne autour du gui sacré en marmonnant des incantations barbares… Ne cherchez pas, vous avez Merlin en tête ! 🙂

Le druide celtique n’a rien d’un mythe ni d’une légende. C’est un personnage historique, bien réel, dont l’influence est encore tangible de nos jours en Irlande. Je l’ai découvert en effectuant mes recherches pour le 1er tome de Dia Linn, Terra Mahurr, le livre d’Eileen.

L’histoire d’Eileen, fille de cottiers irlandais dans le beau conté du Kerry, se déroule bien après le déclin, et l’éradication, des druides. Mais toutes les légendes, les coutumes, l’état d’esprit reflètent encore l’influence des anciens dieux d’Irlande et leurs serviteurs…

Aux temps anciens, l’Irlande était une île sans roi, mais non sans dieux. Les Tuatha Dé Danann, la tribu des enfants de la déesse Dana, régnaient sans partage avant d’être évincés par les fils de Mile, l’ancêtre des Gaëls. Les conquérants donnèrent à l’île le nom d’Erin, en l’honneur de la déesse Eriu ; tandis que les dieux vaincus se réfugièrent dans les sidh.

Parmi les réfugiés, il y avait le Dagda : le dieu-druide, décrit comme un ogre paillard aux multiples conquêtes amoureuses, guerrier puissant régnant sur le temps, l’éternité et les éléments.

Avant l’arrivée de Saint Patrick et l’évangélisation de l’île, les druides étaient médecins, devins, savants, artistes, prêtres ; parfois même juristes. Le druidisme était davantage un sacerdoce qu’une carrière : chaque apprenti passait des décennies entières à étudier – l’astronomie, la pharmacologie, la poésie, le droit… – avant de transmettre son savoir à un autre apprenti.

L’Irlande était alors gouvernée par des clans familiaux plus ou moins puissants, plus ou moins influents… et qui se livraient des guerres incessantes pour étendre leur territoire. Il y avait bien un haut roi, celui de Tara ; mais il s’agissait davantage d’un roi de papier qu’autre chose: il n’avait presque aucun pouvoir pour arbitrer les querelles de ses seigneurs. Il faut avouer que leur goût pour la guerre et la bataille les conduisait à se f… sur la gueule en permanence ! 😉Bundle - Dia Linn 1-3

Les druides, et également les brehons – les juristes, car l’Irlande était dotée d’un système pénal très complexe – étaient les uniques garants de la fragile unité celtique. Ils transmettaient leur savoir oralement, car l’écrit était sacré et réservé aux dieux : ils écrivaient en ogham, que seuls les initiés maîtrisaient.

Lorsque l’église catholique s’implanta en Irlande, leur premier soin fut d’écarter les druides : trop individualiste, fragilisée par les guerres de clans, l’unité celte ne résisterait pas longtemps à la disparition de ses seuls gardiens.

Pourchassé, le druide rentra dans la clandestinité, devint proscrit, ermite. Ou alors, il se fondit dans la religion maintenant bien établie et devint prêtre. Il ne resta plus que les bardes, les poètes, les conteurs – les Seanchaí, ceux qui racontaient les légendes mais ne savaient plus déchiffrer les mystères de la Terre, du Ciel et de l’écriture sacrée.

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