Surmenage d’auteur n°1 : le lapsus

Marie-Pierre

Article de Marie-Pierre Bardou

Je suis l’auteur de 17 romans (dont une saga historique de huit tomes) et deux guides pratiques relatifs à l'écriture, publiés depuis 2012 aux Éditions Hélène Jacob. Parallèlement, je suis rédactrice, correctrice et écrivain public depuis 2011, ainsi que formatrice et coach en écriture depuis 2021.

Catégorie "Articles divers"

30 Nov 2014

2011 03 27Mais oui, un auteur peut être surmené. Je sais que pour les ignorants, les néophytes, les naïfs, un auteur passe son temps à jouer avec des idées loufoques entre deux cocktails… mais la réalité est bien plus cruelle.

J’ai donc décidé de « casser le mythe », et de proposer à mes fidèles lecteurs quelques exemples de signes évidents de surmenage.

Pour moi, la fatigue se traduit par : une très forte propension à exagérer toutes mes réactions – rire aux larmes lorsque j’entends « choucroute », ou pleurer si l’on me dit qu’aujourd’hui il va sans doute pleuvoir. J’ai tendance, également, à écrire beaucoup de choses tristes et déprimantes – des gens morts ou qui se rapprochent de la tombe, des ruptures, des abandons… à devenir violente aussi, et me plonger dans les bagarres, les coups et les blessures avec délectation.

Autant dire qu’en écrivant Dia Linn, vu le nombre de morts/tortures/vengeances/trahisons au fil des tomes, je suis souvent surmenée ! 🙂

Mais il y a un signe qui, chez moi, ne trompe pas : les lapsus.

Je suis la reine du lapsus. Vous savez, ce mot qui sort d’on ne sait où, qui traduit cruellement la pensée que vous vous cachiez à vous-même – et que vous ne souhaitiez en aucun cas divulguer aux autres ? Ou dont vous ne comprenez pas bien le sens, en ayant un peu peur de le comprendre, en fin de compte ?

Parfois, c’est seulement rigolo. Comme le jour où, en arrivant au boulot, je suis allée voir ma chef pour lui demander de changer de « roulement d’horreurs », parce qu’aller « au bourreau » dès 9 heures, ça n’allait pas du tout.

Bon, j’avais un petit coup de fatigue.

Dire à une cliente qu’elle est l’« utilisatroce » d’un appareil, ou lui souhaiter « une bonne journée et un bon week-end » un lundi matin… Oui, bon, un petit coup de fatigue.

Là où je me vexe, par contre, c’est quand je dérape sur mes propres textes. Lorsque j’ai parlé à mon éditrice de mes « romans hystériques » en lieu et place de « romans historiques », évidemment… ça a été un grand moment de solitude.IMG000003

Je ne m’en suis toujours pas remise.

Je crois que je vais aller tuer quelques-uns de mes personnages de Dia Linn, tiens. Ou les torturer. Genre leur enlever un œil. O’Callaghan, planquez-vous !

L’hystérique arrive ! 😉

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