M.I.A et La Faille: J’interviewe les « boss »! ;-)

Publié par le 27 Oct 2013 dans Interviews | 10 commentaires

La Faille - v1Un auteur qui ne parle que de soi et de ses propres œuvres est un auteur qui tourne un peu en rond!

J’ai donc décidé de creuser un peu dans l’univers de mes collègues romanciers, ceux dont j’ai apprécié les livres bien sûr, et je vais commencer par le « gratin »: les boss, les fondateurs de la maison d’Édition à laquelle j’ai confié l’avenir de mes propres romans 😉

M.I.A., donc, ont été les premiers à se prêter gentiment au jeu de mes questions. Ils n’ont plus besoin d’être présentés, mais rappelons tout de même quelques faits: Ils sont deux, écrivent ainsi à 4 mains, et viennent de publier leur troisième roman: « La quête d’Echo » est le premier tome de leur trilogie « La Faille ». Les fans de M.I.A y trouveront quantité de clins d’œil aux deux premiers romans, et l’univers futuriste du second, « La Trappe ». Personnellement, je fais partie de ces fans et ce premier tome est une vraie réussite!

Mais place aux boss, maintenant…

Bonjour M.I.A ! Ceux qui vous connaissent savent maintenant que vous êtes deux, Hélène et Sébastien. Votre pseudo, Missing In Action, d’où vient-il ?

Missing In Action (M.I.A) est un acronyme anglophone utilisé principalement par l’armée pour qualifier les soldats portés disparus au combat (mais dont on ne connaît pas le sort), également synonyme de l’expression « manquant à l’appel » ou « dont on n’a pas de nouvelles » lorsqu’on se sert de l’expression au quotidien pour parler de quelqu’un.

Au moment du choix d’un pseudo commun pour notre duo, fin 2011, le terme nous semblait parfaitement adapté à l’univers de Rémoras, tout en sachant déjà que l’ambiance de nos titres suivants correspondrait aussi parfaitement à cette expression.

La Faille est votre troisième titre. Les deux derniers parlent d’un avenir où tout est parfaitement contrôlé, aseptisé et formaté. Flippant, ou rassurant ? Quel est votre regard sur un avenir idéal ?

Heu, nous ne croyons pas en un avenir idéal… 🙂

Plus sérieusement, nous plaçons toutes nos névroses dans nos récits, mêlées à ce que nous croyons vraiment percevoir de la réalité de notre monde. Ceci dit, que nos lecteurs soient rassurés, nous savons aussi profiter de la vie.

Dites-nous en un peu plus sur votre amour des bêtes ?

Comment dire… nous les apprécions forcément, puisque dans le premier volume de La Faille, ce sont les seules à tirer leur épingle du jeu… qui lira comprendra. 😉

Et le prochain roman ? Nous attendons ardemment le second tome de la Faille, pour connaître le futur d’Echo, Romeo et Victor. Dites-nous qu’ils ne vont pas mourir tout de suite, et que nous allons pouvoir les suivre encore de longs chapitres !

Ceux qui nous connaissent savent qu’il y aura forcément de la casse… nous sommes sans pitié avec nos personnages… ^_^
Mais les trois plus importants seront encore présents dans le volume 3, si là est la question… vous pourrez donc lire le volume 2 en vous demandant simplement quelles épreuves affreuses ils vont devoir traverser et dans quelle mesure le monde est sans espoir.

Vous êtes à la fois auteurs et éditeurs : comment faites-vous pour ne pas vous mélanger les pinceaux et frôler la schizophrénie ?

Un planning de 80 heures hebdomadaires tracé à la scie sauteuse, une bonne dose de stimulants et beaucoup (on insiste !) de rigueur, pour passer d’une casquette à une autre plusieurs fois par jour.
Curieusement, ça n’a jamais vraiment été un problème, car nous avions déjà l’habitude de passer d’une mission à une autre dans le cadre de toutes nos activités de plumes annexes, ce qui fait que le grand écart est plutôt naturel.

Et, du coup, est-ce que le travail d’éditeurs vous donne un autre regard sur votre propre création littéraire ? Êtes-vous plus exigeants, ou au contraire plus conciliants ?

Nous sommes d’autant plus exigeants avec notre propre travail, car nous suivons plus ou moins consciemment une logique d’exemplarité (par exemple, sur la forme, nous ne pouvons pas demander à nos auteurs ce que nous ne serions pas capables de mettre nous-mêmes en pratique, cela semble logique).

Sur le fond, nous avions posé les bases de notre chemin créatif bien avant de lancer EHJ, ce qui fait que ça ne modifie pas vraiment le processus d’écriture.
Par contre, nous expérimentons beaucoup avec M.I.A (sur le plan marketing, par exemple) et ce qui nous semble intéressant et porteur finit généralement par devenir une pratique EHJ qui profite à tous nos auteurs.

En tant qu’éditeurs, justement, mis à part l’espoir caressé secrètement de devenir millionnaires grâce à cette activité hautement lucrative, quels sont vos objectifs ? Quel pourrait être le credo des Éditions HJ ?

EHJ a initialement été créé pour donner une alternative aux auteurs qui n’étaient pas capables de s’auto-publier correctement, malgré l’aide que nous essayions de transmettre via Le Blog M.I.A, en répondant à un certain nombre de critères qui nous semblaient essentiels:
–    Promouvoir en priorité le numérique
–    Pratiquer des tarifs très éloignés des prix français traditionnels en la matière
–    Garder l’auteur au cœur de la rémunération
–    Donner leur chance à des plumes variées, mais toujours originales

Après un an d’activité, nous avons dépassé les trente livres au catalogue et la liste de titres en attente de publication est pleine pour les 6 prochains mois (avec 4 parutions mensuelles, en moyenne), signe que notre concept est plutôt un succès.
À moyen terme, nous attendons surtout de dégager suffisamment de bénéfices pour pouvoir développer de nouveaux services, qui devraient voir le jour en 2014.

Nous ne vivons pas d’EHJ, nos activités « alimentaires » étant parallèles. Ça étonne souvent les personnes qui nous posent la question, mais nous ne nous payons pas (en tout cas, pas pour le moment), même si nous passons presque un temps plein sur l’activité.
Cette logique n’est pas seulement philanthropique, elle est aussi un pari sur le long terme. En effet, EHJ est ainsi parfaitement autonome (nous ne devons pas un centime à qui que ce soit et gardons donc toute notre liberté de choix et de fonctionnement).
En 2013, cette philosophie nous a également permis de nous équiper définitivement, en termes d’outils matériels et logiciels, nous plaçant ainsi en complète autarcie, avec des dispositifs professionnels qui n’ont rien à envier à des maisons d’édition plus anciennes.

Vous disposez maintenant d’une équipe de choc, en plus du trio d’origine (M.I.A + Gaël) : Mélanie, les membres du comité de lecture – Emmanuelle, Claude, et Thierry – ainsi que tous les bêta-lecteurs et les nombreux récents chroniqueurs. Comment parvenez-vous à entraîner avec vous autant de personnes enthousiastes et compétentes ? Dites-nous votre secret, ce sont les dessous de table, n’est-ce pas ?

Il faudrait leur poser la question… c’est sans doute grâce à notre personnalité éminemment sympathique, car nous ne versons que notre reconnaissance éternelle pour le moment… 🙂 Nous avons été les premiers surpris à être contactés par autant de personnes lorsque nous avons lancé « l’appel à volontariat » pour les bêta-lecteurs et les chroniqueurs, avec des dizaines de mails qui disaient tous plus ou moins la même chose en substance : « quelle chance de pouvoir participer à une aventure pareille et bravo pour cette initiative ».
EHJ est peu à peu devenu une grande famille, constituée de personnes qui donnent de leur temps pour permettre à des auteurs de voir aboutir un rêve, ce qui a l’air de passionner bien plus de personnes qu’on pourrait le penser.

Dans un monde de plus en plus matérialiste, fondé sur les bénéfices et le paraître, c’est une énorme bouffée d’air frais qui fait du bien au moral.

Pour en revenir à votre activité d’auteurs, comment fonctionnez-vous tous les deux, pour écrire des romans à 1500 kilomètres de distance l’un de l’autre ? Signaux de fumée, réunions hebdomadaires à mi-parcours, miracles de la technologie moderne ?

Un peu de tout ça… 🙂
Nous travaillons sur tous nos projets de façon commune, M.I.A et EHJ étant une partie seulement de nos activités, ce qui fait qu’après 6 ans de pratique, nous ne faisons même plus attention à cette distance.
Quelques heures sur Skype par semaine, beaucoup de mails, un usage intensif de la Dropbox… ne pas être dans la même pièce ne nous pose aucun problème, ce n’est pour nous qu’un détail technique.

Par contre, il est vrai que nous sommes très organisés et que nous vivons avec un planning géant au fond du cerveau. Pour le moment, tout ça a l’air de bien fonctionner…

Avez-vous le même regard sur le monde, la même philosophie de vie, ou au contraire vous complétez-vous ? Le cynisme de l’un, l’idéalisme de l’autre par exemple… Qui est le gentil dans votre duo ?

Hahaha… Seb est forcément le méchant, puisque c’est lui qui le dit !!!

Plus sérieusement, nous partageons fortement certaines idées centrales, alors que nous sommes en totale opposition sur d’autres, ce qui est parfait, car cela évite totalement le risque de manichéisme dans nos récits, les nuances de point de vue s’imposant d’elles-mêmes.
Nous ne faisons même plus attention, à dire vrai : les idées fusent de part et d’autre, se complètent, rebondissent, se remodèlent… C’est un processus permanent que nous ne cherchons pas à analyser, car en fait il s’est établi naturellement, dès le début.

Pourriez-vous écrire une histoire à l’eau de rose ? À la mode MIA ? Allez, juste quelques mots, pour vos fans…

M.I.A à la sauce Arlequin ??? Pas simple… voyons…

Alors, c’est l’histoire d’une jeune héritière ravissante et écervelée qui tombe amoureuse en 2020 d’un homme venu du futur et poursuivi par les services de renseignement américains des années 50, tandis que…
Euh non, ça ne marche pas vraiment, avec toute la bonne volonté du monde…

Mais par contre, dans le volume 2 de « La Faille », il y aura une grande scène d’amour torride qui permettra à nos lecteurs de découvrir notre plume érotique… 🙂
Il vous faudra attendre le printemps 2014 pour en savoir plus !
Merci pour cette interview, pleine de questions sympathiques…

Un grand merci à Hélène et Seb d’avoir ouvert la voie et participé à cette interview ! 😉

Commentaires

Commentaires

10 Commentaires

  1. Le groupe MIA est une très belle découverte, et pour répondre à la question, si je participe à cette aventure c’est parce que j’aime l’idée qu’on puisse aider les gens sans avoir besoin de quelque chose en retour !

    Et puis les mails d’Hélène sont toujours un vrai rayon de soleil !

  2. Marie-Pierre Bardou

    Merci Emmanuelle de répondre en tant que membre d’EJHJ! C’est vrai que le concept fait du bien, un peu de générosité dans ce monde de brutes! 😉

  3. Bonjour,
    Comment ne pas être enthousiasmé par une telle aventure ?
    Je pensais que seul le monde généalogique connaissait ce type de démarche : aider les autres pour le plaisir, sans attendre un retour… et j’ai découvert EHJ et MIA tout a fait par hasard, mais je n’ai pas hésité une seconde…
    Amicalement

    • Marie-Pierre Bardou

      Merci Thierry, et nous comptons sur votre œil acéré pour nous corriger impitoyablement! 😉

      • Oh, pas de problème, Marie-Pierre, j’ai adoré le premier épisode de Dia Linn… j’attaque le second avec l’espoir qu’il sera aussi passionnant…j’aime cet univers, a la fois dur et poétique.
        Une très belle écriture…

  4. Marie-Pierre Bardou

    J’espère que vous aimerez autant le second, Thierry! 🙂 Merci beaucoup, en tous les cas, pour ce retour positif: Comme je suis en train d’écrire le tome 3, ces encouragements sont d’autant plus précieux!
    Amicalement

  5. Bravo pour cet entretien. Un grand bravo également à toute l’équipe de M.I.A

    • Marie-Pierre Bardou

      Merci, pour moi et pour eux, Ennkhala! 🙂

  6. Merci beaucoup pour cette interview très sympathique!
    Nous découvrons les dessous d’une équipe de choc, à laquelle je tire mon chapeau pour tout le travail accompli.
    Bonne route à tous.

    • Marie-Pierre Bardou

      Merci pour ces encouragements! 😉

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