Interview: le mystère Thierry enfin dévoilé ! ^_^

Publié par le 22 Jan 2015 dans Interviews | 0 commentaires

Thierry, dit "Le Mystère" !

Aujourd’hui, je mets à l’honneur un membre éminent de l’écurie EHJ 🙂

Il n’est ni auteur, ni chroniqueur… mais il est tout le reste ! Thierry est membre du comité de lecture, bêta-lecteur, correcteur, conseiller… C’est l’un des premiers à être venu renforcer, bénévolement, l’équipe éditoriale, et il est sans doute l’un de ceux qui connaît le mieux chaque auteur EHJ, du moins dans leurs écrits !
Car il est le premier à les lire, au comité, et le premier à traquer leurs fautes… C’est dire s’il est à choyer ! ^-^ Chers collègues auteurs, on se cotise pour lui faire un petit cadeau ?

Cher Thierry, bonjour. Merci de me recevoir dans votre antre… 😉

1. Levons un peu le voile sur le « mystère Thierry »… Qui êtes-vous ? De quelle planète venez-vous ?

[Thierry Pingault] : (avec la voix de Louis Jouvet ) Mystère ? Vous avez dit mystère ? Comme c’est étrange ! Pourquoi dites-vous mystère ? (avec la voix de Michel Simon ) Je vous assure, cousine, vous avez dit mystère ! (avec la voix d’Arletty ) mystère, mystère, est-ce que j’ai une gueule de mystère ?

Qui suis-je ? Ah ! si je le savais, ça me rendrait sûrement service… et c’est peut-être ça le mystère !

Peut-être un vieux ronchon misanthrope ? venant d’une planète qui n’existe plus, que nous appelions le XXe siècle, ayant reçu des valeurs, une formation qui n’ont plus cours, perdu au milieu du XXIe siècle où tout cela est obsolète.
J’ai tenté de transmettre à mes enfants ce que je croyais être une richesse, ce faisant, j’ai peur de les avoir totalement désarmés pour leur avenir.

2. Par quelle galaxie avez-vous atterri sur la planète EHJ ? Ou, en d’autres termes, qu’est-ce qui vous a amené à pousser la porte des Éditions Hélène Jacob ?

[Thierry Pingault] Ce sont finalement ces valeurs qui m’ont amené à entrouvrir la porte des EHJ. Un jour, me promenant sur le net, je tombe sur le site d’un éditeur en recherche de bêta-lecteurs.
Expatrié aux Philippines depuis trois ou quatre ans et jeune retraité, j’étais à la recherche d’un complément d’activité, généalogie et musique ne pouvant m’occuper à temps complet. Et surtout, la lecture commençait à me manquer sérieusement, ne trouvant pas de livres en Français aux Philippines.
J’ai donc approfondi ma connaissance du concept des EHJ, lequel m’a totalement enthousiasmé : je voulais absolument apporter ma pierre à cet édifice en construction. Il fallait que cela réussisse !
J’ai alors postulé et ma candidature a été acceptée. Et lorsque j’entreprends quelque chose, je m’investis totalement, ce que probablement, Hélène a très vite compris. Très rapidement, elle m’a sollicité pour le comité de lecture.
J’ai hésité avant d’accepter, car je n’étais pas certain de pouvoir expliciter aisément pourquoi un livre me plaît… ou non. Il n’est pas toujours évident de mettre des mots sur un ressenti.
Vous le savez, j’ai finalement accepté et je ne le regrette pas. C’est une expérience extraordinairement riche. Faire partie de « l’Équipe » est pour moi un motif de fierté.

3. Lorsque vous lisez, pour corriger ou pour évaluer, comment procédez-vous ? Avez-vous des a priori sur tel ou tel genre littéraire ? Quelles sont vos attentes, en tant que lecteur ?

[Thierry Pingault] Pour évaluer, je n’ai pas de technique particulière, je me laisse porter, comme tout lecteur, par le roman. Il m’emmène avec lui… ou pas !
Mais je suis très sensible à la forme et je dois parfois me faire violence pour continuer ma lecture et rendre un avis. Si les auteurs avaient réellement conscience de cette difficulté, ils soigneraient probablement davantage la forme. Imaginez, vous êtes en train de voyager agréablement dans un train luxueux et tout à coup, vous êtes secoué dans tous les sens, cela devient très inconfortable jusqu’à ce que le train stoppe brutalement, vous envoyant valdinguer sur les genoux de la grand-mère assise en face de vous : eh bien, c’est exactement l’effet que me font les fautes d’orthographe à répétition ou les erreurs de concordance des temps. C’est très dur ensuite de faire repartir la locomotive.
Je ne cherche pas à être objectif dans mon avis : j’ai ou je n’ai pas aimé ; l’auteur m’a fait faire un beau voyage… ou m’a laissé en rade ! Peu importe, car je ne suis pas le seul membre du comité et si une majorité a pu apprécier, l’auteur sera publié. Je vois paraître parfois (très rarement, je dois l’avouer) des titres pour lesquels j’ai donné un avis défavorable ; ça fait partie de la règle du jeu.

Pour la correction, la technique est différente : j’essaie d’oublier totalement le fond pour me concentrer exclusivement sur la forme et ça n’est pas toujours facile. Ca me rappelle lorsque mon père travaillait son piano : il était un pianiste amateur de grand talent et lorsqu’il s’installait au clavier, il commençait toujours par des gammes pour assouplir ses doigts. Tout à coup, au milieu de ses gammes, ses doigts l’emmenaient dans l’exécution d’une étude de Chopin qui lui avait été suggérée par quelques notes. Lorsqu’il en prenait conscience, il s’arrêtait aussitôt et revenait à ses gammes.
Le même effet survient souvent lorsque je corrige : je focalise sur la forme et puis, par moment, l’intérêt de l’écriture prend le dessus et je me surprends, quelques page plus loin, obligé de revenir en arrière, car mon attention, emmenée par le récit, m’a fait perdre le contact avec la forme…

Je n’ai pas d’a priori littéraire. Tout m’intéresse, ou presque… une réserve, peut-être pour les guides pratiques qui ne me passionnent pas.

Quant à mes attentes de lecteur, tout dépend essentiellement du genre : mes attentes ne sont pas les mêmes d’une fiction que d’un roman historique, par exemple, mais dans tous les genres, le style de l’auteur est déterminant.
Certaines personnes ont le don de pouvoir jouer avec la magie des mots et sont capables de passionner un auditoire ou des lecteurs sur un sujet des plus rébarbatifs. Je n’ai jamais oublié un de mes professeurs de faculté (qui s’est retrouvé ministre quelques années plus tard). La matière qu’il nous enseignait en aurait fait fuir plus d’un : le Droit de la Sécurité Sociale ! Eh bien ! je vous assure que lorsqu’il donnait un cours, l’amphithéâtre, pouvant contenir 1500 étudiants, était plein et vous y auriez entendu une mouche voler : tous les étudiants étaient scotchés à leurs bancs. Lui, le prof, était négligemment à demi assis sur son bureau, sur l’estrade, et nous faisait son cours, trois heures durant, sans aucune note !
Pour bien vous faire comprendre ce que je veux exprimer : certains auteurs ont le talent du scenario, avec une écriture de qualité, cela fait un bon roman. Mais d’autres ont le talent de l’écriture et peuvent vous raconter n’importe quelle histoire, cela fera aussi un bon roman.
Tous les auteurs EHJ ont, au moins, l’un ou l’autre de ces talents.

Le catalogue des EHJ est de très grande qualité.

4. Et d’ailleurs, êtes-vous un « gros lecteur » ? En dehors d’EHJ, j’entends… ce qui ne doit pas vous laisser beaucoup de marge pour les autres !

[Thierry Pingault] Marie-Pierre, s’il vous plaît, ne soyez pas désobligeante ! Je suis comme Obélix ! tout juste un peu enveloppé ! 😉

Je consacre, au moins, 50 % de mon temps à la lecture, ce que j’ai toujours fait depuis l’âge de sept ans environ, enfin, depuis que je sais lire.
J’ai été élevé dans la musique et la littérature : pour la musique, ma formation a commencé « in utero » et Chopin, Liszt, Bach ont bercé le fœtus que j’étais.
Pour la lecture, un peu plus tard, mais pas tellement. Cela a commencé par la lecture par procuration (je ne savais pas encore lire) et mon père était mes yeux : il me faisait la lecture le soir avant que je m’endorme.
Dès que j’ai su lire je me suis précipité sur la bibliothèque de mes parents qui occupait le mur entier d’un couloir d’une dizaine de mètres sur trois mètres cinquante de hauteur. Il y avait là tout ce que nos parents nous autorisaient à lire, depuis les recettes de potions du XVIIe siècle jusqu’au gros Larousse de 1920 (longtemps mon favori car j’y apprenais plein de choses), en passant par la collection intégrale des « Classiques Hatier » et les œuvres complètes de Victor-Hugo, inclus ce monument qu’est « La Légende des Siècles ».
J’ai presque tout dévoré, tous les classiques, mais aussi Mazo de La Roche, Cronin, Alain-Fournier, Frison-Roche, Aldous Huxley… sans oublier Agatha Christie, Conan Doyle, Maurice Leblanc, Gaston Leroux… je ne peux tous les citer, cette interview n’y suffirait pas.
Durant la période de vie professionnelle, mon métier me forçait à lire les journées entières, textes de lois, articles de doctrine, jurisprudence, conclusions, de sorte que côté littérature, je me suis provisoirement orienté vers des œuvres plutôt divertissantes, relaxantes, et faciles à lire : romans policiers, d’espionnage… Connolly, Clark (Mary Higgins, pas sa fille…), Ludlum, Cornwell, Simenon, et je suis revenu de nombreuses fois à mon auteur de polars favori : Maurice Leblanc et son héros, Arsène Lupin.
Je continue à lire beaucoup, le support a changé : n’ayant plus la possibilité de me procurer des livres sur support papier, les livres numérisés sont une véritable aubaine : faciles à acheter, rapides à se procurer, aisés à stocker… et comme je déménage environ tous les deux ans, vous pouvez imaginer à quel point j’apprécie le numérique !

5. Quel est le mot (ou les mots) qui revient le plus souvent sur vos lèvres ? Comme ça, spontanément ?

Thierry Pingault] Sur cette question, je ne m’attarderai pas : je ne sais pas ! Je ne m’écoute pas, et de plus, ici, aux Philippines, je dois m’exprimer en anglais et comme je ne suis pas très bon dans cette langue que je connaissais peu en arrivant dans ce pays, je parle très peu.
En outre, je passe presque toutes mes journées devant mon ordinateur qui est, tout à la fois, ma discothèque et ma bibliothèque, ma fenêtre sur le monde et mon outil de contact avec ma famille et les EHJ ou mon site généalogique, en même temps qu’un outil de recherche dans les archives en ligne…

Scène de la vie urbaine aux Philippines… Perso, j’aime beaucoup la déco… électrique ! 😉

6. Avez-vous un talent particulier, cher Thierry ? Une passion inavouée ? Non ? Même pas un petit vice caché ? 🙂

[Thierry Pingault] Je pense avoir été talentueux dans ma profession parce qu’elle constituait l’une de mes passions : je n’ai jamais eu, en plus de 40 ans d’exercice, l’impression de « travailler » ! convaincre mes interlocuteurs, agents de l’administration des finances ou les magistrats, de la justesse de mon interprétation et de la solidité de mon argumentation a été un challenge sans cesse renouvelé. J’ai fait gagner beaucoup d’argent à mes clients et ils ont su m’en être reconnaissants.
Mais j’ai d’autres passions comme la musique classique et la généalogie : toutes ces passions, lecture, musique, généalogie sont « bouffeuses de temps », je ne m’ennuie jamais. J’ai malgré tout, encore du temps disponible… et ces activités sont facilement modulables.
Ainsi, vous le constatez, toutes mes passions sont avouables… et avouées !

7. Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde, qu’est-ce que ce serait ?

[Thierry Pingault] Si j’avais ce pouvoir, il y aurait tant de choses à changer…
Mais ne rêvons pas ! et puis, la sagesse populaire ne dit-elle pas  « ce qui fait le malheur de l’un fait le bonheur de l’autre » (ou l’inverse ? je ne sais plus).
Alors, changer oui, mais si c’est pour faire le malheur de mon voisin ? de quel droit ? Sujet difficile… qui sort du cadre d’une interview comme celle-ci.

8. Avouez… parmi tous les auteurs que vous avez lus, sur lesquels vous avez donné votre avis, que vous avez corrigés impitoyablement…vous avez bien un petit chouchou, non ? Promis, personne ne le saura ! (Et si, par le plus pur des hasards, il s’agit d’un auteur plein de talent dont le nom commence par B… on peut s’entendre…^-^)

[Thierry Pingault] Corruption active ? ça va chercher loin !

Non, pas de chouchou ! J’aime l’humour, le suspense, les belles histoires, bien écrites, celles qui vous font rêver et vous entraînent, pour un moment, dans un univers différent.
Mais si je n’ai pas d’auteur chouchou, en revanche, j’ai une tendresse particulière pour les romans pour lesquels je me suis personnellement investi, comme « Game Over » ou « Le Marbre n’a pas de mémoire » ou encore « Le Rital », et je souhaite à ces œuvres une belle carrière, méritée. Leurs auteurs ont beaucoup de talent.
Je ne vous cacherai pas que j’apprécie également beaucoup le talent de l’auteur que vous semblez suggérer dans votre question : j’ai évoqué Mazo de La Roche à son sujet et cela constitue pour moi un grand compliment.

Une mention particulière aussi pour Olivier Magnier que les lecteurs vont bientôt découvrir : style époustouflant, une force puissante et une poésie envoûtante émanent de ses écrits.

Je ne peux malheureusement passer en revue tous les auteurs des EHJ, mais ils sont tous des auteurs de grand talent : je les ai quasiment tous appréciés car je n’ai refusé aucune lecture depuis mon entrée au comité.

9. Qu’est-ce que vous vouliez faire quand vous étiez petit ? Indiana Jones ou Gandhi ? Karl Marx, peut-être ?

[Thierry Pingault] Je ne saurai vous dire si j’ai rêvé de devenir Indiana Jones ou Gandhi, c’est trop lointain dans ma conscience mais je crois sincèrement n’avoir jamais imaginé de devenir un autre que moi-même. Question d’éducation, je pense. Lorsque vos parents vous font cadeau d’un amour sans faille et d’un soutien à toute épreuve, j’imagine que l’on ne ressent pas le besoin de s’identifier à quelqu’un d’autre.

10. Y-a-t-il une citation, une phrase (de vous-même, ou d’un autre) qui vous parle particulièrement, ou qui vous définit bien ?

[Thierry Pingault] Comme ça, à brûle-pourpoint, et sans réfléchir, une phrase de mon père me vient à l’esprit « il n’y a que les médiocres qui ne font pas d’envieux », alors, comme j’ai été jalousé toute ma vie, tant professionnelle que personnelle, je me dis que j’ai probablement échappé à la médiocrité !
J’ai moi-même utilisé cette formule auprès de mes enfants et je constate qu’ils y échapperont aussi, très certainement.
J’espère qu’ils seront assez fort pour le supporter.

L’antre Mystérieux de Thierry… Pas mal, non ? 😉

11. Quel est le mot que vous détestez le plus au monde ?

[Thierry Pingault] Sans hésiter : l’intolérance… et ça n’est pas la résultante des événements récents ! De tous temps j’ai détesté ce mot à cause de ce qu’il induit : l’intolérance renvoie à la haine de l’autre. J’ai appris de très bonne heure à ne pas juger et à être tolérant. Bon, j’admets que sur les jugements, il m’arrive parfois de succomber ! mais sur l’intolérance, jamais.

12. Quel est le type de personnes qui vous horripile le plus ?

[Thierry Pingault] Celles qui abusent de leur pouvoir, de leur autorité ou de leur situation pour leur profit personnel ! qui n’est pas nécessairement un profit en argent ou richesse. Et j’ai le triste sentiment que leur nombre se multiplie de façon exponentielle. Il faut dire que quand les élites donnent l’exemple en toute impunité, c’est incitatif…

13. Nous avons tous une œuvre, ou un auteur, qui a transformé notre vie. Pour vous, ce serait qui – ou quel auteur ? Et pourquoi ?

[Thierry Pingault] Je ne pense pas qu’une seule œuvre, ou un seul auteur, puisse transformer une vie. Mais la multiplicité de mes lectures de tous genres, toutes catégories et toutes époques, a sûrement eu une influence que je ne sais qualifier ou quantifier… J’ai le sentiment que pour moi, la musique a eu davantage d’impact et dans les moments difficiles c’est la musique, plus que la lecture qui m’a soutenu.

14. Et un acte, un événement qui provoque chez vous une colère noire ?

[Thierry Pingault] Un jugement inique. Plus généralement, l’injustice sous toutes ses formes.
Et ce monde est rempli d’injustices ! c’est vous dire qu’en réalité, je ne décolère jamais. A près de 70 ans, je ne suis toujours pas blasé et j’ai la même colère qu’à 18 ans face à  l’injustice.

15. Et pour finir, puisqu’on est encore dans les temps et que c’est chouette, de finir sur une note positive: un souhait, un vœu pour la nouvelle année 2015 ?

[Thierry Pingault] Oui, un vœu de succès pour tous les auteurs EHJ, même et surtout pour ceux qui n’y croient pas. Ce sera une belle récompense, autant pour les auteurs que pour l’éditeur.
Je suis confiant.

Merci beaucoup, Thierry, pour avoir pris le temps de répondre à mes questions… et pour ces encouragements !
Et pour notre petit arrangement personnel… combien de zéros, après le 1 ? (bon, au-delà de 3 zéros, je ne réponds plus de grand-chose…) 😉


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