Le cri de la tomate

Publié par le 19 Mar 2017 dans Articles divers, Livres parus | 2 commentaires

tomatesDurant mes recherches sur le dernier tome de Dia Linn, Sinn Féin, je suis tombée sur ce long article, troublant.

http://www.matierevolution.org/spip.php?article2006

Du coup, je suis allée fouiller et farfouiller, comme je le fais d’habitude, petite fourmi curieuse et laborieuse – oui, oui, c’est tout moi ça 🙂
Je cherchais des pistes pour créer mon monde écolo « parfait », puisque je partais du principe qu’en 3050, c’est à dire l’époque dans laquelle mon héroïne, Cyan, évolue, le monde ne peut qu’être écolo… ou n’être plus. Le végétarisme me semblait une évidence, du moins une limitation drastique de la consommation de viande, vues les ressources incroyablement énergivores que sa production nécessite.

Ok, jusque là c’est simple. On ne tue presque plus d’animaux, tant pour des raisons économiques que par conviction. Ce n’est pas difficile d’être traumatisé par les conditions ignobles de « production » et de mise à mort des bovins, poulets et autres bébêtes dont la souffrance est palpable.
Un animal, ça crie, ça se tord de douleur, les mères appellent leurs petits qu’on leur arrache avec des gémissements qui vous tordent l’âme et oui, c’est facile de refuser d’infliger ça.

Mais la tomate, hein, qu’est-ce qu’elle dit la tomate ?

A priori c’est con une tomate. Ça pousse et ça mûrit gentiment, attendant qu’on la cueille pour être découpée en rondelles et, agrémentée de mozzarella et de basilic, d’un filet d’huile d’olive et de… miam ! Bref, la tomate on la bouffe et puis basta. C’est pourquoi je n’ai pas trop aimé cet article. Pas du tout, même.

Comment ça, les végétaux éprouvent des émotions, eux aussi ? Comment ça, ils communiquent entre eux, se défendent, réagissent au stress, ressentent la douleur et le plaisir ? Hein ? Quoi ? Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, à être émotifs, tous nos casse-dalle ?

Passent encore pour les arbres. J’adore les arbres. Quand je suis un peu pompette, je ne peux pas m’empêcher de faire des câlins à tous ceux que je croise, j’ai des photos compromettantes pour le prouver. Ils sont beaux, ils sont classes, ils fournissent la planète en oxygène et nous protègent des rayons ardents du soleil…
Mais la tomate ? Le radis ? La patate ?

Eh bien si, mes chers lecteurs. Le navet que vous achetez a été arraché à sa mère nourricière avec des clameurs de souffrance – inaudibles pour nous autres, bêtes d’humains, mais bien réelles – pour remplir votre estomac insatiable. Alors quoi ? Alors on s’assoit et on attend de crever de faim ? coudl8

J’ai vu il y a quelques jours un article qui s’extasiait sur la découverte d’un « cuir d’ananas » pour remplacer le cuir animal. Génial, oui. On ne fait plus souffrir les gentils bœufs aux doux yeux veloutés, mais l’ananas on s’en fout, non ? Lui on ne l’entend pas, il n’a pas de voix. Ou plutôt, il en a une, mais nous ne sommes pas capables de l’entendre. Dont acte.

C’est insoluble, je crois. Si on veut respecter toute vie sur terre, ne causer aucune souffrance, ne toucher à aucun organisme qui soit susceptible d’éprouver des émotions… Ben on est dans la panade, pour rester polis. Ah ben si, on peut manger des œufs et des produits laitiers. Boire de l’eau. Et puis… et puis rien, voilà.
Pour Le Livre de Cyan, j’ai simplifié le principe pour m’en sortir avec une pirouette, sans m’appesantir sur cette découverte. Mais quand même, ça reste maintenant dans un coin de ma tête, là, quelque part.

Et quand je mange une salade de tomates, je me surprends dorénavant à marmonner des excuses. Parfaitement. 🙂


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Commentaires

Commentaires

2 Commentaires

  1. A priori sans rapport, mais ! Avant de penser à la tomate… Ton article me rappelle ce film terrible, insupportable et magnifique qu’est « Johnny got his gun », récit du calvaire d’un combattant engagé volontaire américain de la 1ère guerre mondiale, blessé durant un assaut, amputé des bras et des jambes, devenu sourd, aveugle et muet,et sans odorat et qui parvient cependant à communiquer avec une infirmière, avant que… « le pouvoir » ne le soustraie à l’humanisme de cette femme pour expérimenter sur sa personne, considérée comme « insensible » toutes sortes d’atrocités que l’on peut parfaitement imaginer (je suis très forte pour ça 🙁 )en sortant de la salle de cinéma…
    Aucun rapport ? Avant la tomate, ceux qui paraissent les plus faibles ont aussi une âme, des pensées et des émotions…
    J’avoue, j’en ai un peu ras la patate des diktats écolos… Du coup, je vais aller me fumer un cigarillo et bouffer une fraise tagada… 😀

    • Marie-Pierre Bardou

      Je ne connais pas ce film, mais je vois bien le rapport… Ah ben oui, une fraise Tagada, aucun cri de souffrance à déplorer ! (à part celui des dents ^-^).

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